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La 4G au Cameroun : Un expert nous éclaire sur cette technologie

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Internet 4G au Cameroun

Deux mois après l’annonce du lancement de la 4G au Cameroun par MTN et Orange, la question de l’effectivité de cette technologie au Cameroun ne semble toujours pas complètement résolue. Même si de plus en plus de personnes affirment avoir essayé la 4G de MTN Cameroon, qu’on entend parler du retour en stock des SIM 4G  d’Orange et que le Directeur Général de l’ART a affirmé au terme d’une visite officielle chez MTN Cameroon  il y’a quelques jours que la «4G est opérationnelle sur le plan technique à MTN », les questions de non respect de la réglementation et de non-conformité aux normes internationales en matière de 4G restent au centre des débats.

En attendant le dénouement de cette histoire, Le Mobile au Kamer a rencontré M. Jean-Francis AHANDA (@Jeanfrancis ), Consultant Télécom, qui a bien voulu de nous accorder cette interview dans laquelle il nous éclaire sur quelques éléments pratiques et techniques liés à cette nouvelle technologie.

FH Ahanda

 LeMaK : Pour commencer vous nous disiez, c’est quoi la 4G ?

JFA : La 4G c’est de l’internet mobile à très haut débit. C’est la 4ème génération de standard pour la téléphonie mobile qui permet le très haut débit mobile, avec des transmissions de données à des débits théoriques supérieurs à 100 Mb/s.

Le MaK : Cela signifie t-il que si l’on ne parvient à atteindre un résultat de 100Mb/s en test de débit, on ne peut pas dire qu’on est vraiment en 4G ?

JFA : Non, les débits réels sont généralement inférieurs aux débits théoriques. Les débits réels obtenus avec un test de bande passante varient selon l’heure de la journée (surcharges sur le réseau), le lieu où l’on se trouve, la qualité du service de l’opérateur, le terminal utilisé etc.

Le MaK : Comment sait-on alors qu’on est en 4G ? Y-a-t-il un débit minimum à partir duquel on peut affirmer être effectivement connecté sur un réseau 4G  ?

JFA : Non pas vraiment. Il n’existe pas de débit minimum. C’est l’affichage du mobile qui permet de savoir qu’on est en 4G. Si l’on possède un terminal compatible et que l’on est en zone couverte, le mobile indiquera 4G ou LTE. Et il faut aussi noter que certaines technologies 3G comme HSPA+ ou DC-HSPA permettent d’avoir des débits souvent très proches de ceux offerts en 4G (42Mbits/s).

LeMaK : En décembre dernier, MTN et Orange annonçaient tous deux être le « 1er opérateur 4G au Cameroun ». Pourtant on se rappelle qu’en 2014, Yoomee parlait déjà de son réseau 4G au Cameroun. Et de l’autre côté, on a aussi Camtel qui a déclaré avoir la 4G depuis deux ans déjà. S’agit-il de la même technologie ?

JFA : Bon, chaque opérateur a sa façon à lui d’annoncer son lancement au grand public qui va pouvoir choisir. Yoomee avait effectivement annoncé cela, et ils parlaient d’une version de Wimax qui est un réseau normalisé 4G. Cependant, cette technologie est différente de ce qui est déployée par les opérateurs de téléphonie mobile.

Pour ce qui est de Camtel, l’opérateur a effectivement annoncé avoir déployé la 4G pour le réseau de caméras de surveillance installé dans certaines villes du pays. Mais ce n’était pas là un usage destiné directement au grand public, de ce fait, on ne peut pas véritablement le comparer ou l’évaluer.

LeMAK : Parlons à présent de la qualité du réseau 4G auquel on a accès depuis peu. Qu’es ce qui explique que la couverture 4G reste encore aussi faible et que même en zone couverte 4G, on puisse passer de 4G à 3G ou à l’ Edge sans se déplacer ?

La faible couverture en 4G est d’abord un choix stratégique en fonction de différents facteurs. Le déploiement d’un réseau représente des investissements énormes tant en infrastructures qu’en ressources humaines car il faut aussi former le personnel. Les opérateurs vont d’abord se concentrer sur les zones où le potentiel de clients 4G est fort car le déploiement d’un réseau sur tout un territoire ça prend des années ; la preuve aujourd’hui encore, on a toujours des zones du pays non couvertes en 2G.

Et pour ce qui est signal qui alterne entre 4G, 3G et 2G : vous pouvez à un moment vous retrouver dans une zone où vous êtes couverts par plusieurs sites qui sont 2G/3G/4G. En ce moment, le mobile va basculer d’un site à l’autre pour tenter d’obtenir le meilleur signal.

La 4G c’est très consommateur en batterie alors moi je recommande souvent de rester en 3G et activer la 4G seulement lorsque l’on est dans une zone que l’on sait couverte et quand on en a vraiment besoin.

LeMaK : Au lancement de la 4G, MTN et Orange ont annoncé qu’il fallait changer de SIM afin d’avoir accès à la 4G. Quelle est la particularité de ces nouvelles SIM 4G?

JFA : Les opérateurs de téléphonie mobile profitent souvent de l’arrivée de nouvelles technologies pour renouveler leur parc de cartes SIM et doter les clients des cartes capable de servir pour les futurs services et pour le passage d’une génération à l’autre le changement de SIM est parfois nécessaire :

La carte SIM (Subscriber Identity Module) permet de communiquer sur le réseau GSM (2G). Avec l’arrivée de la 3G, il faut utiliser une carte USIM (Universal Subscriber Identity Module) ou SIM 3G car le réseau 3G s’appuie sur la norme UMTS qui offre des débits de transmission plus importants. S’il est possible d’utiliser une carte USIM sur un mobile GSM, il est en revanche, impossible d’avoir accès aux services offerts par le réseau 3G ou 4G avec une simple carte SIM.

LeMaK : Et enfin avant de terminer, j’aimerai comprendre pourquoi avec certains téléphones qui sont pourtant bien LTE, on n’arrive pas accéder au réseau 4G, même en utilisant des SIM 4G ? (J’ai un téléphone Verizon LTE qui fonctionnait bien en 3G mais lorsque l’on y introduit une des nouvelles SIM 4G, il affiche un point d’interrogation où il affichait H+ avec la SIM classique et non pas 4G.)

JFA : La 4G (LTE) peut fonctionner sur des fréquences différentes en fonction du pays et de l’opérateur ; avoir un terminal LTE ne veut pas dire qu’il va accéder à tous les réseaux 4G. Des clients avaient eu des problèmes similaires au début du GSM avec le plus souvent des terminaux importés des USA qui utilisent des fréquences différentes de celles utilisées en Europe ou en Afrique.

Il est donc important avant tout achat de s’assurer auprès de son opérateur de la compatibilité du terminal avec le réseau.

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À propos de l'auteur

Jeune entrepreneure. Curieuse, passionnée de nouvelles technologies, de musique et de photographie. Fondatrice du blog Le Mobile au Kamer.

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